Une critique. Putain comme elle donne envie quand même ! ^^
Les remakes et reboots sont désormais un tel lieu commun à Hollywood que lorsque notre frenchie, Louis Leterrier, avait décidé, il y a 2 ans, de s'embarquer dans une nouvelle version du Choc des titans, œuvre chérie par les trentenaires qui l'ont découvert enfants au début des années 80, il n'y avait pas lieu d'être plus surpris que ça. Mieux, on se disait que le choix du jeune cinéaste était bien malin tant le film original ne brillait finalement cinématographiquement que par la science des effets spéciaux de Ray Harryhausen. Et si la magie du père Ray ne pourra jamais être retrouvée, on pouvait effectivement espérer qu'à l'heure des effets numériques sophistiqués, les retrouvailles avec Méduse et le Kraken pour ne citer que les deux monstres les plus emblématiques du récit original, promettaient d'être spectaculaires voire mémorables. Plus de 100 millions de dollars plus tard et un tournage mené tambour battant (l'auteur de ces lignes ayant pu vivre de l'intérieur deux jours sur le plateau, l'expression est toute sauf usurpée), le résultat est là et fait bigrement plaisir à voir : Le Choc des Titans est un modèle de blockbuster généreux qui ravira les fans de la première heure tout en entraînant dans son sillage tous les amoureux d'un cinéma d'action survitaminé malgré une bande originale indigne de l'événement.
Mis forcement à l'aise par le succès de son Incroyable Hulk, Leterrier prend son sujet à bras le corps. Il avait promis un choc et des titans, on les a comme l'avait malheureusement confirmé la trop voyante bande-annonce du film (rageant de découvrir que la mise en scène des deux meilleures séquences du film est brillamment pensée autour du mystère alors même que le trailer dévoile tout : putain de marketing à la con, voilà, il fallait que ça sorte...). Mais la surprise est de voir que si Leterrier et ses scénaristes ont été fidèles aux grandes lignes du film original (outre les deux précités, on retrouve bien les scorpions, Calibos, les trois sorcières ou encore l'effrayant passeur, sans oublier une private joke savoureuse à l'élément le plus kitsch de son prédécesseur), ils ont offert une salvatrice relecture aux enjeux du récit. Adieu au Persée propre sur lui et amoureux bellâtre de son Andromède et place à un vindicatif demi-dieu super énervé que Hadès ait tué ses parents adoptifs. Joué avec un charisme indéniable par Sam « Avatar » Worthington, Persée, c'est désormais « die hard with a vengeance ». Un être en colère qui refuse de se laisser dicter sa destinée. Un mec qui veut foutre sa branlée à tous ceux se mettant sur la route qui le mène à Hadès. L'occasion pour ce Choc là de jouer à fond sur l'opposition entre Dieux et humains et sur qui a besoin de qui pour exister ? Bien sûr, l'ambition du film n'est pas de philosopher sur les croyances de chacun mais indéniablement, l'effort mis dans le contexte de cette vendetta contre le Kraken permet de nous tenir en haleine jusqu'aux grands moments clés de l'histoire, qui, eux, raviront l'enfant fan de mythologie qui sommeille en chacun de nous.
Grâce à une direction artistique excellente - le look des Dieux façon Chevaliers du Zodiaque peut prêter à controverse mais à l'écran, ça fonctionne... et sûrement parce que Leterrier a demandé à des comédiens de renom de les incarner -, d'effets spéciaux en grande partie irréprochables (la scène dans l'antre de Méduse est un pur moment d'anthologie), et d'un rythme incroyablement soutenu (ça file même trop vite et les 100 minutes s'avèrent quelque peu frustrantes), Le Choc des Titans confirme s'il en est besoin, que le cinéma d'Entertainment pur a désormais un solide et généreux artisan à sa disposition. Producteurs de Marvel, donnez à Leterrier Les Vengeurs, c'est l'homme de la situation !
source: écranlarge